Les troubles de l’humeur et de la bipolarité

Que sont ces troubles?

L’humeur définit l’état d’âme ou le sentiment interne général. L’humeur, contrairement aux émotions, est stable et durable, elle peut ainsi durer plusieurs jours. En effet, l’émotion est spécifique (par exemple, la jalousie, la nostalgie ou l’enthousiasme), intense et souvent en réaction à un événement récent. L’humeur se trouve sur un continuum opposant l’humeur positive à l’humeur négative. La majorité des gens vit des périodes de bonheur, de tristesse, d’excitation et est confrontée à certaines difficultés. Cette majorité de gens fluctue donc légèrement entre l’humeur positive et négative.  Deux catégories de troubles sont liées à l’humeur, soit les troubles de l’humeur et les troubles bipolaires.

Lorsqu’une personne est dans le pôle très négatif de l’humeur de façon prolongée ou souffrante, on parle d’un trouble de l’humeur. Actuellement, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) reconnaît chez les adultes trois troubles dans cette catégorie : le trouble dépressif majeur, le trouble dépressif persistant et le trouble dysphorique prémenstruel. La caractéristique commune de ces troubles est la présence d’une humeur triste, vide ou irritable et d’une perte d’intérêt dans toutes les activités, qui est accompagnée de changements cognitifs et physiques, c.-à-d. au niveau du sommeil, de l’appétit ou de l’agitation psychomotrice, affectant de manière significative la capacité de l’individu à fonctionner.

Ce qui permet de faire la différence entre les troubles est la durée, le moment d’apparition et l’origine des symptômes. Il faut noter que les troubles dépressifs peuvent être précipités par des événements de vie difficiles, mais peuvent aussi être causés par des débalancements chimiques au niveau du cerveau. Il est donc important de consulter un médecin ou un psychologue afin de traiter efficacement la dépression.

Lorsqu’une personne fluctue entre les deux pôles de l’humeur, on parle d’un trouble bipolaire, aussi connu comme la psychose maniacodépressive ou la maniacodépression. Ces fluctuations sont hors de proportion et d’une intensité telle que, dans le pôle positif de l’humeur, la personne ne réalise pas qu’elle dépasse les limites et déborde d’excitation, alors que dans le pôle négatif de l’humeur, elle est paralysée par la dépression.

On appelle ce pôle extrêmement positif la manie et sa forme atténuée l’hypomanie. La manie est caractérisée par un sentiment de toute-puissance, une prise de risques accrue, des idées nombreuses et fuyantes, une diminution du besoin de sommeil et la poursuite simultanée de buts multiples. Les phases de manie et de dépression peuvent durer de quelques jours à quelques mois et peuvent être entrecoupées de phases de stabilité.

Actuellement, on reconnaît dans le DSM-5 trois troubles bipolaires : la bipolarité de type I, la bipolarité de type II et le trouble cyclothymique. Ces troubles diffèrent dans l’intensité et la durée des phases maniaques/hypomaniaques et dépressives. Il faut noter que les troubles bipolaires sont généralement d’origine biologique causés par des débalancements chimiques au niveau du cerveau. Cependant, il est possible qu’un événement de vie difficile accentue ces débalancements et déclenche un épisode maniaque ou dépressif.


Quels sont les impacts sur l’entourage?

La dépression est très difficile à comprendre et souvent perturbante tant pour la personne atteinte que pour son entourage. Il peut être difficile pour les proches de comprendre la vision pessimiste, négative, noire et biaisée de la vie de la personne atteinte. Les proches souffrent de voir la personne aimée se dénigrer, être triste, repliée sur elle-même, ou incapable d’assumer ses tâches, même simples. La dépression peut donc mettre plus de responsabilités sur les membres de la famille qui essaient d’alléger celles de leur proche malade ou de compenser pour l’aider à traverser un moment difficile. Lorsque la dépression se prolonge cela peut créer de la frustration au sein de la famille (par exemple en raison de difficultés financières dues à une incapacité de travail) ou encore laisser place à une perception de lassitude chez l’entourage. Les proches se sentent à court de ressources, impuissants, épuisés voire même coupables de cette incapacité à aider l’autre.

Bien que les personnes atteintes de dépression jouent un rôle important dans leur propre maladie, elles n’ont pas choisi de tomber malade. Heureusement, il existe des traitements pharmacologiques et de psychothérapie qui ont fait leurs preuves dans l’amélioration des symptômes dépressifs.

La manie est aussi très difficile pour l’entourage puisque la personne prend des décisions qui ne lui ressemblent pas, agit de façon erratique et peut sembler déconnectée de la réalité. La communication avec une personne en manie peut être difficile. Discuter calmement dans un endroit avec peu de distractions peut être aidant. Par ailleurs, la manie peut amener des problèmes familiaux, financiers (par exemple la personne peut faire des dépenses démesurées et impulsives), au travail et parfois judiciaires. Ces difficultés peuvent avoir un impact sur toute la famille et doivent souvent être abordées lorsque la personne sort d’une phase maniaque. La maladie peut également conduire à l’hospitalisation. Dans la majorité des cas, la bipolarité se traite par une combinaison de psychothérapie et de médicaments, mais peut aussi être traitée par un ou l’autre et généralement, lorsque la personne suit son traitement, la bipolarité est très bien contrôlée.


Et chez les personnes âgées ?

La bipolarité débute généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Chez les personnes âgées, la bipolarité peut demeurer dans une trajectoire stable et contrôlée, ou encore se poursuivre dans l’instabilité.

En ce qui a trait aux troubles de l’humeur, ils sont légèrement plus prévalant chez les personnes âgées. Bien que les symptômes soient les mêmes à tous les âges, certaines caractéristiques sont plus spécifiques aux aînés. Premièrement, les personnes âgées peuvent se plaindre de douleurs chroniques ou de malaises physiques pour cacher une dépression.  Il est aussi fréquent qu’un aîné dépressif vive dans le passé, par exemple en parlant d’anciens souvenirs. La personne peut parler de moments de sa vie où elle était plus heureuse, vivait moins d’ennui, se sentait plus utile, etc. La dépression gériatrique, quant à elle, est souvent liée à des changements physiques ou sociaux dus au vieillissement. Ainsi, elle est trop fréquemment banalisée et normalisée. Cela dit, les traitements pharmacologiques et de psychothérapie ont également fait leurs preuves dans l’amélioration des symptômes dépressifs dans la population aînée.

 

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